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( Déportée - Résistante) |
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(…) A la déclaration de guerre : (…) Puis, se fut l’arrivée de PETAIN. Dans un premier temps, dû au manque d’informations objectives (celles-ci étant censurées par les Allemands), nos voisins, en particulier les Anciens Combattants de la guerre 14-18, s’attachèrent aux paroles du Maréchal PETAIN comme à une bouée de sauvetage. Mon père n’y croyait pas et se disputait souvent avec un des voisins dont le souvenir de Verdun le disposait à une confiance inconditionnelle pour le Maréchal couvert de gloire. J’étais trop jeune pour porter un jugement personnel à ce drame. L’aura du Maréchal avait une influence certaine sur une population accablée. (…) Nous n’avons pas entendu l’appel De GAULLE car, à cette période, nous n’écoutions pas les émissions de radio Londres, mais nous avons su qu’un officier nommé De GAULLE réfugié en Angleterre, continuait le combat. Nous nous sommes attachés à cet espoir ; plus tard, nous avons réussi à capter radio Londres, c’était un réconfort inespéré. Dès la connaissance de l’appel du Gl. De GAULLE, sans en connaître exactement les termes, j’ai su que nous n’étions plus abandonnés et que des moyens existaient pour faire partir les Allemands. (…) La vie quotidienne changea radicalement. Les Allemands patrouillaient sur toutes les routes de la commune. Ils s’imposaient dans les maisons en demandant du ravitaillement, parfois se servaient. Il fallait camoufler les produits de la ferme. Les réquisitions d’animaux étaient fréquentes, surtout lorsque le Maire collaborait avec l’occupant. Nous n’avions pas d’essence pour la voiture, cachée dans une grange. Des bons d’essence nous étaient distribués très parcimonieusement par la mairie pour les besoins du tracteur. Il fallait avoir recours à la ruse pour dissimuler et soustraire le plus possible de produits pour en disposer personnellement et ne faire profiter que la famille et les amis. Certains producteurs pratiquaient le marché noir, ce qui provoqua la méfiance chez les agriculteurs redoutant les dénonciations. Nous devions nous conformer aux lois allemandes avec toutes les contraintes qu’elles nous imposaient. Dès que nous apprenions un arrivage ou une distribution de ravitaillement dans un magasin, je partais en vélo munie des tickets de la famille pour de longues heures dans une file d’attente, souvent sans rapporter la moindre nourriture.
(…) La résistance : (…) Le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) occasionna une autre étape de lutte. Mon frère désigné pour le S.T.O. refusa de se soumettre. Il se cacha avec un collègue dans une vieille maison isolée près de Vouzan. Je leur apportais du ravitaillement en évitant les rencontres indésirables. Le travail de faux papiers commença à cette époque. Un laboratoire de photos fut mis sur pied à la maison. Je faisais les déplacements nécessaires à cette organisation conçue par mon frère. René CHABASSE nous mit en contact avec RISPARD. C’est en 1943 qu’il recruta ma famille et moi-même, pour appartenir à un réseau de résistance. Nous sommes initiés aux règles de la clandestinité. Je fus homologuée agent P2 du B.C.R.A. au service du B.O.A. Mon rôle consistait à assurer les liaisons entre René CHABASSE, notre responsable B.O.A. et différentes personnes sur Angoulême ou les environs. Je devais apprendre par cœur les adresses des personnes à contacter. Une gamine ne pouvant être soupçonnée, des missions m’étaient confiées surtout sur Angoulême : la caisse d’épargne, le magasin prisunic, une personne travaillant aux impôts, une autre à la préfecture, un magasin rue de Beaulieu etc. Toujours en vélo que je déposais à l’entrée d’Angoulême chez un marchand de grain. J’apportais du ravitaillement à un officier anglais et à 2 américains camouflés chez mon oncle à Jard dans la commune de Vouzan. L’arrivée de Londres du Délégué Militaire Régional Claude BONNIER et de son adjoint Jacques NANCY provoqua un regain d’activités et une clarification dans les missions. Les annonces de parachutages ont suscité la mise en place de nouvelles structures et une organisation plus performante. Il fallait mettre sur pied un certain nombre d’éléments pour recevoir les armes, les cacher et les distribuer. Notre maison était le lieu de rassemblement. Dans ma famille, chacun à son niveau était engagé dans l’action. Après l’arrestation et le suicide de Claude à Bordeaux, J. NANCY regagna la Charente. Il s'installa à la maison pour former des saboteurs.L’assassinat de René CHABASSE par les Allemands, bouleversa notre groupe. La nuit du 21 fév. 1944, j’allais prévenir sa famille, récupérer tous les papiers compromettants et amener un rescapé du B.O.A. (Charles FRANC) à la maison.
Je n’ai pas eu conscience de prendre un engagement mais de faire des choses naturelles et avec enthousiasme. Andrée GROS sera arrêtée par la gestapo le 15 mars 1944, emprisonnée à Angoulême puis au fort de Romainville, elle sera ensuite déportée à Ravensbrück. Elle retrouvera sa famille le 1er juin 1945.
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